, Crippa Christian

2 avril 2025 : Témoignage de Fiona

Aujourd’hui, 2 avril est la journée mondiale de l’autisme. L’autisme, ou plus précisément le trouble du spectre de l’autisme (TSA), est un handicap invisible. Nous remercions Fiona, qui vient de la région neuchâteloise, qui a accepté de partager quelques moments de tous les jours et, surtout, de partager ses difficultés face à ces situations.

Aujourd’hui, 2 avril est la journée mondiale de l’autisme. L’autisme, ou plus précisément le trouble du spectre de l’autisme (TSA), est un handicap invisible. Nous remercions Fiona, qui vient de la région neuchâteloise, qui a accepté de partager quelques moments de tous les jours et, surtout, de partager ses difficultés face à ces situations.

 

Les intérets restreints

 

 

Les intérêts intenses, ou intérêts restreints, font partie intégrante de notre vie. C’est parfois tellement fort que ça finit par faire partie de notre identité. Pour moi, il s’agit des legos, particulièrement les figurines. J’aime les collectionner, les aligner dans un ordre très précis et les contempler. J’ai tendance à oublier que les legos n’ont pas la même valeur pour mon entourage que pour moi. Ça peut devenir envahissant pour eux. J’aime tout savoir sur les legos et partager ces connaissances avec ma famille qui m’accepte et m’écoute volontiers. Si je passe trop de temps sans chercher des infos ou construire des legos, je finis déprimée comme si je perdais une partie de moi. C’est plus que juste un hobby, c’est le centre de ma vie. Ma seule ambition en terme de fortune, mon seul but, c’est de gagner suffisamment bien ma vie pour pouvoir acheter les legos qui me plaisent.

 

 

 

 

Les commissions

Comme tout le monde, je dois faire mes courses. Mais pour moi, beaucoup d’obstacles rendent cette tâche difficile. D’abord le monde qui m’entoure et qui m’effleure est compliqué. Je n’aime pas quand il y a du mouvement dans mon dos, ni qu’on me touche accidentellement. Les interactions que je dois avoir avec les employés,ou d’autres clients, simplement pour leur demander de me laisser passer est une épreuve. La moindre interaction s’ajoute à ma fatigue et peut être de trop. En plus de ça, il y a la lumière et le bruit qui sont constants et intenses. J’ai toujours mon casque antibruit avec moi parce que je me sens très vite surchargée. Enfin, si je ne prépare pas une liste très précise, je vais errer dans le magasin pendant plusieurs heures seulement pour acheter 2-3 articles. Si je ne trouve pas l’article exact que j’ai sur ma liste, je suis perdue et je me sens submergée. Les larmes montant, je deviens anxieuse.

 

 

Les transports publiques

Étudiante à l’université de Lausanne, je suis obligée de prendre le train plusieurs fois par semaine. Dans les grandes gares, comme Neuchâtel et Lausanne, le monde qui grouille tel des fourmis est pénible pour moi. Il y a beaucoup d’odeur très fortes qui m’incommodent, que se soit les parfums, les odeurs de nourritures ou les odeurs corporelles. Le pire étant le mélange de tout ça. Et le pire, ce sont les heures de pointes. Les contactes que je dois avoir pour demander si une place est libre, ou le fait d’être assise très proche d’un inconnu est stressant. Encore une fois, mon casque antibruit me protège du sentiment d’angoisse qui m’envahit dans ces situations.

 

 

 

 

Les bars

Durant mon adolescence et jusqu’il y a deux ans, je sortais à chaque fois qu’on me le proposait. J’allais boire des verres, danser, avec la musique à fond parce que je voulais être intégrée. Je n’avais pas connaissance de mon autisme à ce moment. Alors je me pensais que je devais faire un effort pour m’intégrer. Pour supporter les contacts sociaux, je buvais quelques verres pour me désinhiber, pensant que ces moments seraient plus agréables. Ça n’a jamais vraiment été le cas. Dans les clubs ou les bars, on ne peut pas discuter car on s’entend à peine. Il fait soit trop chaud soit trop froid. Je fatigue vite et j’ai réalisé que ça me prenait 3 jours pour me remettre physiquement et émotionnellement. Ça m’arrive encore très rarement de sortir comme ça. J’essaie de modérer l’impact sur mon bien être en choisissant des endroits plus calmes. Mais surtout sans avoir honte de boire des softs. Heureusement, j’ai des amies qui aiment aussi passer des soirées plus calme chez l’une d’entre nous et je ressens moins de pression de me conformer.